Psychanalyse du comédien*

L’inconscient ne pense ni ne calcule. Il ne juge pas. Il se contente de transformer  (Freud).

C’est cette transformation que le comédien doit affronter. Le terme de transformer  définit la notion de créativité dans la capacité du sujet à être changé, modifié, amendé, dans son aptitude à endosser et à intégrer un rôle, un caractère.

Qu’en est-il en psychanalyse?  Sur la scène analytique, en vis-à-vis  de l’autre scène, celle de l’inconscient, les rôles sont interchangeables. Le sujet glisse de l’un à l’autre, guidé par sa propre volonté, ou du moins par une intentionnalité inconsciente qui lui appartient. Ainsi, lors de la cure analytique, les séances vont permettre au sujet d’endosser de nouveaux emplois mais  il le fait sans metteur en scène, sans le texte d’un autre.

Comment le comédien s’en tire alors qu’il parle au travers du texte d’un autre, souvent célèbre, et qu’il est le sujet parlant d’un metteur en scène, comme une créature soumise à la chose de l’autre.

Au fond comment s’en tire t-il de ce clivage vers un champ lexical  et sémantique qui ne lui appartient pas?

On me demande souvent, inquiet,  si un travail analytique n’émoussera pas  la créativité du comédien  et son talent à se produire. Mon expérience m’a prouvé le contraire car c’est par les revisitations et les perlaborations de la cure que le comédien pourra affronter le clivage exigé par son jeu. Ainsi que  le clivage exigé par son Je,  en lui ouvrant droit de projeter  lors de la représentation un peu de lui, en conscience. Le trac survivra, mais dans une expérience de vie encore plus intense.

 

 

* (comme psychanalyste pour le comédien, je reçois les comédiens dans des cures classiques mais aussi mixtes, in situ et par téléphone)
 
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